Le coin des versions...

 

I. Oraison funèbre.

 

(A deux reprises, à Marathon et à Salamine, Athènes a sauvé la Grèce de l'envahisseur perse. Ce titre de gloire va lui fournir l'occasion d'étendre son hégémonie sur les autres cités grecques. L'orateur Lysias évoque dans le texte ci-dessous cette époque glorieuse.)

    AEpédeixan de pasin anqrwpoiv, nikhsantev th(i) naumacia(i), oti kreitton met'oligwn uper thv eleuqeriav kinduneuein h meta pollVn basileuoménwn uper thv autVn douleiav. -BPleista de kai kallista ekeivoi uper thv tVn 'Ellhnwn eleuqeriav sunebàlonto, strathgon men Qemistokléa, ikanwtaton eipein kai gnVnai kai praxai, nauv de pleiouv tVn allwn summàcwn, andrav d'empeirotàtouv. GKai gar tinev an toutoiv tVn allwn 'Ellhnwn hrisan gnwmh(i) kai plhqei kai areth(i) ? Dwste dikaiwv men anamfisbhthta taristeia thv naumaciav elabon para thv 'Elladov.

(Lysias rappelle ensuite la victoire de Platée que, quelques mois après Salamine, les Athéniens remportèrent sur les Perses, avec l'aide, cette fois, des Lacédémoniens. D'autres alliés avaient été pressentis, mais, nous dit Lysias, ils avaient fui pendant la nuit, impressionnés par le nombre des ennemis.)

    EEn ekeinh(i) de hméra(i) kallisthn toiv protéroiv kindunoiv epiqentev, bébaion men eleuqerian th(i) Eurwph(i) kateirgàsanto, en apasi de toiv kindunoiv dontev elegxon thv eautVn arethv, kai monoi kai meq'etérwn, kai pezomacountev kai naumacountev, kai prov touv barbàrouv kai prov touv 'Ellhnav, upo pàntwn hxiwqhsan, kai meq'Vn ekinduneuon kai prov ouv epolémouv, hgemonev genésqai thv 'Ellàdov.

Lysias, Oraison funèbre.

(N.B : les "prov touv 'Ellhnav" sont les Thessaliens et les Béotiens avaient pris le parti des Perses.)

A 1. Epédeixan, ils (les Athénens) montrèrent. 2. h naumacia, av, le combat naval. 3.nika-w (+A), je vaincs, je remporte la victoire4. o oligov, peu abondant (ici :"un petit nombre".). 5. meta (+G), avec. 6. basileuoménwn , soumis à un Roi7. uper, (+G), ici, pour la défense de... (aussi : sur, au-dessus)
B 1. sumbàllw, je mets ensemble, je réunis. 2. Qemistokléa, Thémistocle. 3. ikanwtaton, le plus capable. 4. gnVnai, (infinitif aoriste) de savoir, juger. 3. empeirotàton, très expérimenté.
G 1. an, particule donnant un sens hypothétique à la phrase, hrisan, à traduire avec un conditionnel. 2. erizw, je lutte, je rivalise (+D : avec qqch ou qqn). 3. gnwmh, le jugement, l'opinion, la sagesse, l'intelligence. 4. to plhqov,-ouv, nombre, quantité (souvent au sens de : grand nombre). 1. h areth,-hv, excellence, vertu, courage.
D 1. anamfisbhthtov, on, incontesté, incontestable. 2. ta aristeia,-wn, (crase) récompense de la bravoure....
E 1. h teleuth, -hv, fin, terme. 2. protérov, précédent. 3. epiqéntev, (participe aoriste nominatif pluriel) ayant mis. 4. bébaiov,-a,-on, sûr, stable. 5. h Eurwph,-hv, l'Europe. 6. kateirgàzomai, accomplir, réaliser. 7. dontev, (participe aoriste nominatif pluriel) ayant donné. 8. o elegcov,-ou, la preuve. 9. pezomacw, je combats sur terre. 10. naumacw, je combats sur mer. 11. o barbàrov, le barbare. 12. hxiwqhsan, ils furent jugés dignes. 13. genésqai, infinitif aoriste de gignomai, devenir.

 

Traduction

            ALes Athéniens montrèrent à tous les hommes, en ayant vaincu lors du combat naval, qu'il vaut mieux affronter le danger avec un petit nombre pour la défense de la liberté, que d'affronter les dangers avec beaucoup d'hommes soumis à un Roi pour la défense de leur servitude. BCeux-ci ont réunis des avantages très nombreux et très beau pour la défense de la liberté des Grecs, le stratège Thémistocle, l'homme le plus capable de juger, de parler et d'agir, des bateaux plus nombreux que ceux des autres alliés, des hommes très expérimentés. GLesquels en effet auraient luttés contre eux en sagesse, en nombre et en courage ? Dde sorte qu'il ont reçu avec justice de la Grèce, les récompenses incontestées du contrat naval.

      ECe jour là ayant mis un très beau terme aux dangers précédents, ils assurèrent une liberté solide pour l'Europe, ayant donné dans tous les dangers une preuve de leur vertu, seul et avec les autres, en combattant sur terre et sur mer, contre les Barbares et contre les autre Grecs, ils furent jugés dignes par tous, ceux avec lesquels ils courraient des dangers et ceux contre qui ils se battaient, d'être les chefs de la Grèce.

 

_______________________________________________________________________

II. Le poltron à la guerre.

 

    AO deilov toioutov tiv oiov Bakouwn kraughv kai orVn piptontav, G- eipwn prov touv paresthkotav oti thn spàqhn labein upo thv spoudhv epelàqeto - Dtrécein epi thn skhnhn, kai E - ton paida ekpémyav kai keleusav proskopeisqai pou eisin oi polémioi - Zapokruptein authn upo to proskefàlaion, Heita diatribein polun cronon wv zhtVn en th(i) skhnh(i) ; Qkai orVn traumatian tina prosqeromenon tVn filwn, I- prosdramwn kai qarrein keleusav - Kupolabwn férein, Lkai touton qerapeuein kai perispoggizein, Mkai parakaqhmenov apo tou elkouv tav muiav sobein, Nkai pan mallon 'h màcesqai toiv polemioiv, Xkai aimatov de anàplewv apo tou allotriou traumatov Oentugcànein toiv ek thv màchv epaniousi, Pkai dihgeisqai wv "kinduneusav ena séswka tVn filwn", Rkai wv autov auton taiv eautou cersin epi thn skhnhn ekomisen.

Théophraste.

A 1. toioutov... oiov + infinitif, de nature àIl peut se traduire comme : "Voici de quoi le poltron est capable".

Les indicatifs doivent être rendus par des infinitifs.

B 1. h kraugh, la clameur.
G 1. prov (+A), en s'adressant à. 2. o paresthkwv, -otov, celui qui est à côté. 3. h spàqh, l'épée. 4. upo (+G), sous l'effet de.
D 1. epi, prend le sens de eiv. 2. h skhnh, la tente.
E 1. paiv, à le sens de serviteur ou valet de guerre. 2. ek-pempw, le préverbe ek souligne l'idée de sortie. 3. pro-skopéw, je vois au préalable. 4. pou, où, à quel endroit.
Z 1. apo-kruptw, je dissimule. 2. upo (+A), sous (implique une idée de mouvement : aller sous, mettre sous). 3. to proskefàlaion, l'oreiller.
H 1. wv, comme. ; + participe, en pensant que, en prétendant que, en faisant semblant que...
Q 1. o traumatiav,  le blessé. 2. pros-férw, j'apporte. 3. filov, n'implique pas une relation d'amitié, mais elle s'oppose à polemiov.
I 1. pros-trécw,  je m'approche en courant. 2. qaréw, j'ai bon courage.
K 1. upo-lambànw,  je prends par-dessous.
L 1. sppogizw,  je nettoie avec une éponge. 2. peri-, indique l'idée de tout autour.
M 1. para-kàqhmai,  je suis assis à côté. 2. to eklov, la plaie. 3. h muia, la mouche. 4. sobéw,  j'écarte, je chasse..
N 1. pan = pan poiein. 2. mallon 'h, plutôt que de.
X 1. to aima, -atov,  le sang. 2. anàplewv, (+G), tout plein de... 3. apo, provenant de... 4. to trauma, -atov,  la blessure.
P 1. séswka,  j'ai sauvé. En français, on mettra ce verbe à la troisième personne.
R   4. komizw, j'apporte.

 

Traduction

            AVoici de quoi est capable le poltron : Bécoutant la clameur et observant des hommes tomber, Gayant dit en s'adressant à ceux qui sont à côté que sous l'effet de l'empressement qu'il a oublié de prendre son épée -Dil court vers la tente, et Eayant renvoyé son serviteur et après lui avoir ordonné de voir au préalable où sont les ennemis - Zil la dissimule (l'épée) sous son oreiller, Hensuite (il fait) comme en faisant semblant de la chercher dans sa tente : Qet en voyant qu'on apporte un blessé parmi ses alliés, I- s'étant précipité et ayant ordonné d'avoir bon courage - Ken l'ayant prit par dessous il le porte, Lsoigne celui-ci, il nettoie avec une éponge tout autour, Métant assit à côté, il écarte les mouches de la plaie, Nil fait tout plutôt que de combattre les ennemis, Xet tout plein de sang de la blessure d'autrui, Oil rencontre ceux revenant de la bataille, Pil raconte qu'après avoir couru un grand danger au péril de sa vie il a sauvé l'un de ses allié, Ret qu'avec ses propres mains il l'a porté dans sa tente.

 _______________________________________________________________________

III. La légende de Syrinx.

 

    AH surix to organon ouk hn organon, Balla parqénov kalh kai thn fwnhn mousikh ; Gaigav enemen, Numfaiv sunépaizen, h(i)den oion nun. DPan, - tauthv nemoushn, paizoushv, a(i)doushv -, E poselqwn epeiqen o ti ecrh(i)ze, Zkai ephgélleto tav aigav pàsav qhsein didumotokouv. HH de egéla ton erwta autou, Qkai ouk efh erasthn déxasqai mhte tràgon onta mhte anqrwpon oloklhron. IOrma(i) diwkein o Pan prov bian. KH Surigx efeuge kai ton Panta kai thn bian ; Lfeugousa, kàmnousa eiv donakov kruptetai, Meiv elov afanizetai. NPan touv donakov orgh(i) temwn, Xthn korhn ouc eurwn, Oto pàqov maqwn, Pto organon noei, Rtouv kalàmouv khrV(i) sundhsav anisouv Skaq' o ti kai o erwv anisov autoiv ; Tkai h tote parqénov kalh nun esti surigx mousikh.

Théophraste.

A 1. h surigx, -iggov, la syrinx (ou flûte de Pan)2. to organon, l'instrument.
B 1. h fwnh, la voix. 2. mousikov, mélodieux.
G 1. h aix, aigov, la chèvre. 2. némw, je fais paraître. 3. sum-paizw, je joue avec. 4. oion, comme. 5. nun, maintenant.
D 1. o Pan, Panov, Pan.
E 1. epeiqen o ti ecrh(i)ze, cherchait à persuader de ce qu'il désirait, c'est-à-dire, d'accepter son amour.
Z 1. ep-aggéllomai, je promets. 2. qhsein, qu'il rendrait, qu'il ferait devenir. 3. didumotokov, mère de deux petits.
Q 1. kai ouk efh,  et refusa. 2. o erasthv, -ou, l'amant. 3. mhte... mhte, ni... ni. 4. o tràgov, le bouc. 5. oloklhrov, entier.
I 1. omàw,  je m'élance. 2. diwkw, je poursuis. 2. prov bian, pour lui faire violence.
K 1. feugw,  je fuis.
L 1. kàmnw,  je suis fatigué. 2. o dunax, -akov, le roseau.
M 1. to elov,  le marécage. 2. afanizw, je fais disparaître, j'efface.
N 1. témnw, je coupe (aoriste : etemon).
X 1. h korh,  la jeune fille.
O 1. to paqov,  le malheur qui est arrivé. 2. manqànw, peut aussi signifier je comprends.
P   1. noéw, je conçois.
R 1. o kàlamov, le roseau. 2. o khrov, la cire. 3. anisov, inégal. 4. sun-déw, j'assemble.
S 1. kaq' o ti, conformement au fait que, c'est-à-dire, pour symboliser le fait que.

 

Traduction

            ALa syrinx l'instrument n'était pas un instrument, Bmais une belle jeune fille à la voix mélodieuse : Gelle faisait paître ses chèvres, jouait avec les nymphes, elle chantait comme maintenant (qu'elle était un instrument de musique) DPan, - celle-ci faisant paître, jouant, chantant - Es'étant avancé, il cherchait à la persuader de son amour, Zet promettait qu'il ferrait devenir mères de deux petits toutes les chèvres. HElle riait de l'amour de celui-ci, Qet refusa de recevoir son amant qui n'était ni un bouc ni un homme entiers. IPan s'élance pour la poursuivre pour lui faire violence. KSyrinx fuyait Pan et sa violence : Len fuyant, fatiguée, elle se cache avec application vers les roseaux, Melle disparaît avec soin vers le marécage. NPan ayant coupé de rage les roseaux, Xn'ayant pas trouvé la jeune fille Oayant compris (= apprit) le malheur qui était arrivé, Pconçoit l'instrument, Ren ayant assemblé des roseaux inégaux au moyen de cire, Spour symboliser le fait que l'amour pour eux est inégal : Tet la belle jeune fille d'autrefois est maintenant une syrinx mélodieuse.

 

 

Les autres versions...